Les entreprises sous-évaluent les compétences relationnelles   18 septembre 2017

Savoir communiquer, s’adapter et s’entendre avec ses relations professionnelles : une clé pour réussir ? Assurément ! Et pourtant, selon une enquête, 40% des Français estiment que ces relations ne sont pas assez valorisées par leur employeur.

Dans une carrière, il arrive un moment où être scolaire et méticuleux ne suffit plus. Vous l’avez probablement remarqué. Les collaborateurs qui réussissent sont ceux qui sont dotés d’une excellente capacité à communiquer. La preuve: une enquête Elabe pour le cabinet Interactifs révèle que les salariés français sont 81% à estimer que les compétences relationnelles constituent un facteur clé de réussite professionnelle. Le respect et la politesse sont les deux qualités attendues d’une relation professionnelle avant la clarté et la précision.

Ce n’est pas tout: 89% des actifs estiment que la qualité des relations entretenues avec leurs interlocuteurs contribue à leur performance et satisfaction professionnelles. Une sensation plus forte chez les cadres (96%), que chez les employés (89%) ou les ouvriers (81%). Peu importe le milieu professionnel concerné, cette tendance reste tout de même très élevée. «On consacre très peu de temps au développement de la compétence relationnelle, alors que la relation occupe la plus grande partie du travail des Français», précise Philippe de Lapoyade, président du cabinet Interactifs.

Qui peut se targuer, effectivement, d’avoir suivi une formation consacrée aux compétences relationnelles ? Une formation consacrée à l’art de s’exprimer à l’oral ? La plupart du temps, ce sont les compétences techniques et organisationnelles que l’on cherche à optimiser. Et cela, alors qu’une grande majorité des Français passent les deux tiers de leur temps de travail en relation interpersonnelle, que ce soit avec leurs supérieurs hiérarchiques, leurs collègues, clients, prestataires…

Les TPE, plus attentives que les grands groupes
Si l’importance des compétences relationnelles ne fait aucun doute, les entreprises ne semblent pas avoir pleinement pris conscience de cet enjeu pourtant primordial, qui favorise à la fois la qualité de vie au travail, l’efficacité et la productivité. Pas moins de 40% des actifs estiment en effet que l’organisation dans laquelle ils travaillent ne valorise pas suffisamment les qualités relationnelles de leurs collaborateurs par rapport aux compétences techniques ou organisationnelles. La tendance s’accroît davantage chez les professions intermédiaires (44%), mais surtout dans les ETI et les grandes entreprises (51%). Dans les TPE, en revanche, le chiffre tombe à 39%.

«Dans un monde où le statut prédomine et n’est pas remis en cause, les qualités relationnelles ne sont pas décisives, alors que dans un monde post-révolution numérique, et des organisations en réseau, ce qui fait la différence n’est plus la compétence technique mais bien la compétence relationnelle», analyse Philippe de Lapoyade.
Dans la même enquête, on apprend d’ailleurs que 83% des sondés préféreraient un travail moins rémunéré… mais un environnement professionnel de qualité.
Dernier enseignement : quand un interlocuteur demande quelque chose, la politesse est le facteur primordial (pour 49% des sondés, dont 27% qui le citent en premier) et respect (46%), mais aussi avec clarté (41%) et précision (38%).

Conclusion : dans une société de l’immédiateté, et dans un monde du travail où l’on doit tout faire extrêmement vite, il convient de ne pas perdre de vue des valeurs et des règles essentielles. A fortiori dans l’entreprise.

Quentin Périnel
Source : http://www.lefigaro.fr/vie-bureau/2017/01/31/09008-20170131ARTFIG00006-les-entreprises-sous-evaluent-les-competences-relationnelles.php

Cette entrée a été publiée le lundi 18 septembre2017 à 14 h 00 min, et rangée dans Management, Motivation. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via son flux RSS 2.0.Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un rétrolien depuis votre site.
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2 réponses

21 septembre 2017 à 15 h 18 min
Julien écrit :

Article vraiment très intéressant que je partage tout à fait.
Je lis souvent que le monde se complexifie (la société en réseau dont vous parlez dans l’article). Ainsi, les relations entre tous acteurs seraient plus importantes que les acteurs eux-mêmes.
Joël de Rosnay dans son livre le macroscope, explique les systèmes complexes. Selon lui, plus les relations sont nombreuses et qualitatives, plus le système sera en mesure de faire face au changement et de s’adapter.
D’où l’importance de ne pas sous-évaluer les compétences relationnelles :) !

22 septembre 2017 à 12 h 00 min
Yves de Montbron écrit :

Oui, vous avez raison.
Marc Halévy dit que l’organisation hiérarchique est condamnée car c’est le système qui crée le plus petit nombre de relations entre les acteurs.
Or aujourd’hui, il est essentiel de créer le plus grand nombre d’interactions entre les acteurs d’un système, et c’est l’organisation en réseau qui le fait le mieux.

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