{"id":1321,"date":"2013-09-06T09:40:03","date_gmt":"2013-09-06T07:40:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.manager-positif.com\/blog\/?p=1321"},"modified":"2013-09-06T09:40:03","modified_gmt":"2013-09-06T07:40:03","slug":"le-style-ekezoun-selon-marc-halevy","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.manager-positif.com\/blog\/le-style-ekezoun-selon-marc-halevy\/","title":{"rendered":"Le style Ekezoun, selon Marc Hal\u00e9vy"},"content":{"rendered":"<p><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-1328\" alt=\"Urgent_important\" src=\"http:\/\/www.manager-positif.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Urgent_important.jpg\" width=\"160\" height=\"121\" \/>Eradiquer totalement la notion d&rsquo;URGENT. Ne faire que ce qui est IMPORTANT\u2026<\/em><\/p>\n<p>Le style Ekezoun* est non seulement un art de vivre, mais une m\u00e9thode d&rsquo;organisation des activit\u00e9s. Une m\u00e9thode concr\u00e8te et pratique qui repose sur deux principes :<br \/>\n\u2022 Eradiquer totalement la notion d&rsquo;URGENT.<br \/>\n\u2022 Ne faire que ce qui est IMPORTANT.<\/p>\n<p>Examinons ces deux points, tranquillement.<\/p>\n<h3>1 &#8211; Eradiquer totalement la notion d&rsquo;URGENT.<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;urgence. Jamais. Il y a parfois des sentiments d&rsquo;urgence, mais ce ne sont que des sentiments.<br \/>\nLe sentiment de l&rsquo;urgence a deux causes distinctes, amplifi\u00e9es \u00e0 l&rsquo;outrance par les absurdit\u00e9s de notre \u00e9poque d\u00e9lirante.<\/p>\n<p><strong>La premi\u00e8re cause d&rsquo;urgence est le caprice<\/strong><br \/>\nOn rumine une d\u00e9cision jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re minute et, finalement, lorsque la d\u00e9cision est enfin prise, il faut tout, tout de suite. C&rsquo;est une constante contemporaine : les d\u00e9lais de d\u00e9cision s&rsquo;allongent d\u00e9mesur\u00e9ment (anxi\u00e9t\u00e9 s\u00e9curitaire oblige) et les exigences en d\u00e9lais de livraison raccourcissent. Eh bien, non ! De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, il y a urgence en aval parce que l&rsquo;amont n&rsquo;a pas fait les choses convenablement et \u00e0 temps. Conclusion : l&rsquo;amont reporte sur l&rsquo;aval le stress de son ind\u00e9cision, le stress de ses carences, le stress de ses erreurs (notamment en mati\u00e8re de gestion du temps). La r\u00e9ponse est simple : non ! Que chacun porte la responsabilit\u00e9 de ses manquements (que ce soit ceux du patron ou du client ne change rien \u00e0 l&rsquo;affaire). La r\u00e9ponse est et doit \u00eatre : non ! L&rsquo;aval fera les choses comme il faut, en prenant le temps de le faire bien ; tant pis pour les handicap\u00e9s de l&rsquo;amont.<\/p>\n<p><strong>La seconde cause d&rsquo;urgence est l&rsquo;effervescence<br \/>\n<\/strong>Tout est urgent, tout doit se faire vite. Culte de la vitesse apparente o\u00f9 l&rsquo;effervescence se prend pour de l&rsquo;efficience. Vite et beaucoup \u2026 plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 temps et bien. L&rsquo;effervescence est toujours inefficiente : l&rsquo;excitation palpable des gens dans les bureaux des \u00e9tat-majors parisiens en est le syndrome : tout y est plac\u00e9 sous le signe du \u00ab\u00a0vite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pas l&rsquo;temps\u00a0\u00bb, on bouscule, on court, on tr\u00e9pigne, on reste tard le soir (mais on n&rsquo;est jamais l\u00e0 avant 09h30 et l&rsquo;on perd 40% de son temps \u00e0 g\u00e9rer ses propres tactiques de carri\u00e8re, \u00e0 discuter devant la machine \u00e0 caf\u00e9 et \u00e0 faire des \u00ab\u00a0pauses cigarettes\u00a0\u00bb \u00e0 tout bout de champ). Ce syndrome est bien connu et ne touche que les gens qui, confus\u00e9ment, savent que leur \u00ab\u00a0boulot\u00a0\u00bb ne sert \u00e0 rien, ne produit aucune valeur ajout\u00e9e, ne demande aucune intelligence. C&rsquo;est le syndrome des \u00e9tats-majors et des quartiers g\u00e9n\u00e9raux de ces dinosaures d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9s \u00e0 mort que l&rsquo;on appelle les \u00ab\u00a0grandes entreprises\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0grands groupes\u00a0\u00bb dirig\u00e9s par ces \u00ab\u00a0grands patrons\u00a0\u00bb qui ne sont que des apparatchiks qui n&rsquo;ont jamais risqu\u00e9 leur propre patrimoine et qui seraient incapables de tenir l&rsquo;\u00e9picerie du coin de la rue.<\/p>\n<p>Mais, parce qu&rsquo;ils sont gros, ils font la mode, ils donnent le ton, ils sont pris en exemple . Mauvais exemple ! Regardez ceux qui produisent vraiment : les artisans, les paysans, ce n&rsquo;est jamais dans l&rsquo;effervescence qu&rsquo;ils op\u00e8rent. Eux, ils veulent du travail bien fait, \u00e0 temps, soign\u00e9, parce qu&rsquo;il savent que le \u00ab\u00a0mal fait\u00a0\u00bb qu&rsquo;il devront r\u00e9parer, leur co\u00fbtera bien plus, en temps, en \u00e9nergie, en argent ; et pour op\u00e9rer ainsi, ils r\u00e9quisitionnent toute leur technicit\u00e9, toute leur virtuosit\u00e9. Et \u00e7a prendra le temps que cela prendra ; de toutes les fa\u00e7ons, pour faire bien les choses, on ne peut pas aller plus vite. Alors ? Basta l&rsquo;urgence !<\/p>\n<p><!--more-->Les deux causes de l&rsquo;urgence apparente sont les incuries de l&rsquo;amont et la mode de l&rsquo;effervescence. Il faut les refuser toutes les deux. De plus, avec le recul philosophique, on se rend compte que plus on est dans l&rsquo;urgence, plus tout est en retard et plus tout le monde s&rsquo;en accommode, sans trop de probl\u00e8me.<br \/>\nRetard par rapport \u00e0 quoi ? A des \u00e9ch\u00e9ances et d\u00e9lais que l&rsquo;on fixe ou que l&rsquo;on se fixe (par masochisme ou par incomp\u00e9tence \u00e0 \u00e9valuer les charges r\u00e9elles) \u00e0 tort et \u00e0 travers, par caprice et\/ou incomp\u00e9tence. Ce sont les \u00ab\u00a0yaka\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0faut-kon\u00a0\u00bb. Inutile de mettre la pression : celui qui sait faire et qui va faire, sait mieux que quiconque le temps qu&rsquo;il faudra pour bien faire. Tant pis pour ceux qui ne savent pas faire, mais qui croient savoir combien de temps il faut. C&rsquo;est une r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale : ce sont ceux qui sont les plus incomp\u00e9tents, qui exigent les d\u00e9lais les plus courts. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont \u00e9videmment aucune id\u00e9e du temps n\u00e9cessaire pour faire les choses dont ils sont incapables !<\/p>\n<p>Lorsque tout est urgent, plus rien ne l&rsquo;est et tout est en \u00ab\u00a0retard\u00a0\u00bb par rapport aux phantasmes des incomp\u00e9tents. L&rsquo;urgence, pour avoir un sens, doit rester extr\u00eamement rare. On le sait. Passons d\u00e8s lors \u00e0 la limite : rien n&rsquo;est urgent car si tout le monde fait bien ce qu&rsquo;il a \u00e0 faire et \u00e0 temps, tout est bien et \u00e0 temps, et l&rsquo;urgence est \u00e9radiqu\u00e9e. Personne n&rsquo;a le devoir de rattraper les incuries des autres. S&rsquo;il y a du retard : tant pis. Ce n&rsquo;est pas une raison pour mal faire.<\/p>\n<p>Les processus de travail actuel sont de plus en plus complexes, ils sont d\u00e8s lors extr\u00eamement sensibles aux conditions initiales. C&rsquo;est en amont, au point de d\u00e9part que le retard se prend ; dans la suite des \u00e9v\u00e9nements, il ne fait que s&rsquo;amplifier, non par mauvaise volont\u00e9, mais par logique syst\u00e9mique.<\/p>\n<h3>2 &#8211; Ne faire que ce qui est IMPORTANT<\/h3>\n<p>Face \u00e0 l&rsquo;urgence, il y a l&rsquo;importance. Il est d\u00e9montr\u00e9 que la mode de l&rsquo;effervescence fait que les gens passent au moins 60% de leur temps \u00e0 faire des choses r\u00e9put\u00e9es urgentes, mais sans importance, et qu&rsquo;ils n\u00e9gligent ce qui est important sous pr\u00e9texte que ce n&rsquo;est pas urgent et que l&rsquo;on a le temps, qu&rsquo;on aura le temps, plus tard, pour le faire. Faux ! Car l&rsquo;urgence aussi se perp\u00e9tue dans le temps, elle prend toute la place dans les agendas et en chasse l&rsquo;important, de proche en proche. Moralit\u00e9 : l&rsquo;important ne se fait jamais\u2026 ou \u00e0 la sauvette, donc mal, lorsqu&rsquo;il devient, \u00e0 son tour, urgent ! Mais \u00e0 ce moment-l\u00e0, il est d\u00e9j\u00e0 trop tard.<\/p>\n<p>Il faut inverser cette logique d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. Il faut se concentrer sur l&rsquo;important ! Il faut, purement et simplement, \u00e9liminer tout ce qui n&rsquo;est pas important, quelle qu&rsquo;en soit l&rsquo;urgence : il n&rsquo;y a pas d&rsquo;urgence r\u00e9elle. Et lorsqu&rsquo;une t\u00e2che est sans importance, la meilleure fa\u00e7on de la traiter est de ne pas la faire. Se concentrer sur le r\u00e9ellement utile, c&rsquo;est-\u00e0-dire ce qui produit r\u00e9ellement de la bonne valeur ajout\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais, mettre ainsi l&rsquo;important est t\u00eate de toute l&rsquo;organisation des activit\u00e9s, c&rsquo;est poser une question implicite essentielle : qu&rsquo;est-ce qui est important ? Quels sont les crit\u00e8res de l&rsquo;importance d&rsquo;une t\u00e2che ?<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse tient en trois mots : intelligence, p\u00e9rennit\u00e9 et joie.<\/p>\n<p><strong>Intelligence.<\/strong><br \/>\nEst important ce qui r\u00e9quisitionne le plus d&rsquo;intelligences, ce qui appelle le plus de talents, ce qui convoque le plus de virtuosit\u00e9s, bref, ce qui engendre le plus de valeur. Car notre \u00e9conomie n&rsquo;est plus une \u00e9conomie de masse et de prix bas ; notre \u00e9conomie est devenue un \u00e9conomie de la valeur d&rsquo;usage, de la qualit\u00e9, de l&rsquo;ad\u00e9quation parfaite entre une solution sur-mesure et un besoin r\u00e9el dans la dur\u00e9e. L&rsquo;\u00e9conomie industrialiste est morte. L&rsquo;\u00e9conomie n\u00e9o-artisanale \u00e9merge. Elle exige de plus en plus d&rsquo;intelligences (dans tous les sens de ce mot que je d\u00e9finis ainsi : l&rsquo;intelligence, au sens le plus riche et le plus profond, est l&rsquo;art de la reliance : reliance des savoirs pour en faire \u00e9merger des connaissances, reliance des donn\u00e9es pour en faire \u00e9merger des id\u00e9es, reliance des actes pour en faire \u00e9merger des \u0153uvres, reliance des hommes pour en faire \u00e9merger des communaut\u00e9s, reliance des intentions pour en faire \u00e9merger des projets, reliance des comportements pour en faire \u00e9merger des valeurs).<\/p>\n<p>Tout ce qui est inintelligent n&rsquo;engendre aucune valeur et doit donc \u00eatre \u00e9radiqu\u00e9\u2026 ou sous-trait\u00e9 \u00e0 quelqu&rsquo;un qui y mettra de l&rsquo;intelligence. Le monde qui vient n&rsquo;offre plus aucune place aux cr\u00e9tins.<\/p>\n<p>L&rsquo;inintelligent n&rsquo;est donc jamais important : poubelle !<\/p>\n<p><strong>P\u00e9rennit\u00e9.<br \/>\n<\/strong>Est important ce qui induit de la p\u00e9rennit\u00e9, ce qui est f\u00e9cond, ce qui vise le long terme. Pendant longtemps, la tyrannie des slogans am\u00e9ricains et des \u00ab\u00a0m\u00e9thodes\u00a0\u00bb manag\u00e9riales am\u00e9ricaines (il n&rsquo;y a rien de plus inefficace et bureaucratique qu&rsquo;une entreprise am\u00e9ricaine qui compense, par des profits anormaux, les immenses pertes de temps, d&rsquo;\u00e9nergie et d&rsquo;intelligence qui sont son quotidien), cette tyrannie de la b\u00eatise a fait croire que la finalit\u00e9 de toute entreprise \u00e9tait le profit \u00e0 court terme : to make money et, si possible, to make good money. Quelle absurdit\u00e9 ! Le profit est n\u00e9cessaire (il est le carburant de l&rsquo;entreprise), mais il n&rsquo;est jamais un but ; il est une cons\u00e9quence et un moyen, pas un but.<\/p>\n<p>Alors ? Quelle est la finalit\u00e9 d&rsquo;une entreprise ? La durabilit\u00e9 ! La p\u00e9rennit\u00e9 ! Est important ce qui permet \u00e0 une activit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre durable (de s&rsquo;\u00e9tendre donc dans la dur\u00e9e), d&rsquo;\u00eatre p\u00e9renne. Cela a toujours \u00e9t\u00e9 la philosophie des entreprises familiales qui privil\u00e9gient le patrimoine au revenu. C&rsquo;est, tout au contraire, une philosophie de gestion incompr\u00e9hensible pour les parasites de la finance sp\u00e9culative : fonds de pension, agents de change, officines de placement et autres.<\/p>\n<p>Le court terme n&rsquo;est donc jamais important : poubelle !<\/p>\n<p><strong>Joie.<br \/>\n<\/strong>Est important ce qui apporte le plus de joie dans ce que l&rsquo;on fait. Principe h\u00e9doniste ? Oui, mais pas seulement pour r\u00e9cuser ce vieux principe chr\u00e9tien obsol\u00e8te qui affirme que le travail, pour \u00eatre r\u00e9dempteur, doit \u00eatre souffrance et douleur. La vraie raison de cet h\u00e9donisme au quotidien est que l&rsquo;on ne fait bien et \u00e0 temps, que ce que l&rsquo;on aime faire, que ce qui apporte plaisir et joie. Lorsqu&rsquo;il en est ainsi, toutes les \u00e9nergies et toutes les intelligences se mobilisent automatiquement, et la bonne valeur ajout\u00e9e \u00e0 long terme vient naturellement. On \u0153uvre sans compter (qui donc voudrait cesser de faire ce qui apporte joie et plaisir ?).<\/p>\n<p>Il y a, sous ce principe de l&rsquo;h\u00e9donisme professionnel, une autre raison, plus profonde : le plaisir et la joie sont les signatures et les cons\u00e9quences de l&rsquo;accomplissement de soi, de la r\u00e9alisation de soi, de l&rsquo;\u00e9panouissement de soi qui sont les plus forts ressorts de la motivation et du g\u00e9nie. Un esclave n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 ni productif, ni cr\u00e9atif. Un d\u00e9motiv\u00e9, non plus. Un taillable et corv\u00e9able \u00e0 merci, encore moins.<\/p>\n<p>Les corv\u00e9es ne sont donc jamais importantes : poubelle !<\/p>\n<h3>Conclusion<\/h3>\n<p>La mode, longtemps, a \u00e9t\u00e9 aux to-do-lists, les listes de t\u00e2ches \u00e0 faire. On croit organiser bien son labeur en l&rsquo;inscrivant dans des listes sur lesquelles on ne manquera pas d&rsquo;inscrire des urgences, des \u00e9ch\u00e9ances.<\/p>\n<p>Cette approche bureaucratique et fonctionnaire n\u00e9glige trois facteurs essentiels.<\/p>\n<p><strong>Le premier facteur essentiel<\/strong> est la complexit\u00e9 croissante de tous nos environnements professionnels, et l&rsquo;incertitude et l&rsquo;impr\u00e9visibilit\u00e9 croissantes que cela engendre automatiquement. On peut faire toutes les listes de t\u00e2ches prioritaires ou prior\u00e9tis\u00e9es que l&rsquo;on voudra, de toutes les fa\u00e7ons, on fera, en fait, autre chose, parce que plus rien n&rsquo;est vraiment planifiable, parce que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement bouleverse continuellement l&rsquo;ordonnancement. La gestion d&rsquo;un agenda ne peut plus se baser sur des \u00ab\u00a0priorit\u00e9s\u00a0\u00bb puisque l&rsquo;urgent et le non-important ont \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9s et qu&rsquo;il ne reste plus que de l&rsquo;important sans l&rsquo;urgence. La gestion d&rsquo;un agenda ne doit plus tenir compte que du crit\u00e8re \u00ab\u00a0certain ou incertain\u00a0\u00bb ; ce qui est certain est fix\u00e9 et confirm\u00e9, l&rsquo;incertain ne l&rsquo;est pas et doit rester dans les limbes.<\/p>\n<p><strong>Le deuxi\u00e8me facteur essentiel<\/strong> est que, de toutes les fa\u00e7ons, le temps manquera pour arriver au bout de tout ce que l&rsquo;on a list\u00e9. Cela aussi est une constante de notre \u00e9poque o\u00f9 le temps et l&rsquo;espace ont \u00e9t\u00e9 abolis par la Toile o\u00f9 tout circule \u00e0 des vitesses (100.000 km\/sec) absolument incompatibles avec les vitesses de nos corps et de nos cerveaux. Inutile, d\u00e8s lors, d&rsquo;entrer dans cette logique l\u00e9tale de perp\u00e9tuelle course contre la montre : peine perdue, c&rsquo;est le li\u00e8vre et la tortue ; et la tortue, c&rsquo;est nous.<\/p>\n<p>Encore une fois, il faut apprendre \u00e0 s&rsquo;en tenir \u00e0 ce qu&rsquo;il est possible de faire, et de le faire bien. Pendant ce temps-l\u00e0, on le sait bien, des millions d&rsquo;opportunit\u00e9s, toutes plus all\u00e9chantes les unes que les autres, passeront \u00e0 toute vitesse sur la Toile. Tr\u00e8s bien. Tant pis. Qui trop embrasse, mal \u00e9treint ! Le but n&rsquo;est jamais de grossir en taille, mais bien de grandir en qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Nous entrons dans une \u00e8re d&rsquo;obsolescence du quantitatif. Le \u00ab\u00a0beaucoup\u00a0\u00bb ne signifie plus rien.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit donc plus de faire beaucoup, mais de faire bien. Principe de frugalit\u00e9 appliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ouvrage, donc : travailler beaucoup mieux et travailler beaucoup moins.<\/p>\n<p><strong>Le troisi\u00e8me facteur essentiel<\/strong> est que le temps pass\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer les listes de t\u00e2ches est simplement du temps perdu, du temps gaspill\u00e9, qu&rsquo;il serait mieux venu d&rsquo;investir dans ce qu&rsquo;il y a de r\u00e9el et d&rsquo;important \u00e0 faire, selon les disponibilit\u00e9s, tant mentales que mat\u00e9rielles, \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n<p>A bon entendeur\u2026<\/p>\n<p><strong>Marc Hal\u00e9vy<br \/>\n<\/strong><em>A Donah \u2026 !<\/em><\/p>\n<p>[*] En Bruxellois, \u00ab\u00a0stillekes oun\u00a0\u00bb est la prononciation dialectale de l&rsquo;expression flamande \u00ab\u00a0stillekes aan\u00a0\u00bb qui signifie \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;aise\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0tranquillement\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0calmement\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0calme\u00a0\u00bb est la traduction du mot flamand \u00ab\u00a0stil\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial; font-size: 14px; color: #0033ff;\">Et vous, qu&rsquo;en pensez-vous ?<br \/>\nComment r\u00e9partissez-vous vos activit\u00e9s selon l&rsquo;urgence et l&rsquo;importance ?<\/span><br \/>\n<em id=\"__mceDel\"><span style=\"font-family: arial; font-size: 14px; color: #0033ff;\"> Vous pouvez r\u00e9agir en cliquant plus bas sur \u00ab\u00a0Laisser un commentaire\u00a0\u00bb<\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eradiquer totalement la notion d&rsquo;URGENT. 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